Ceux qui espèrent pouvoir éviter le débat politique en le cachant sous les plis d’une vieille couverture ornée de fausses vérités et de vrais mensonges ont repris du service : à les entendre, 59% des électeurs se prononceraient en faveur de la conclusion d’un contrat-cadre avec l’UE.

Une telle affirmation ne s’appuyant que très approximativement sur des faits signifierait que 59% des électrices et des électeurs suisses se déclarent être fatigués de la démocratie. Qu’ils souhaitent simplement ne plus avoir à s’exprimer par le biais de la démocratie directe sur les questions importantes de notre temps et donc, que 59% soutiennent l’abolition des droits accordés aux citoyennes et aux citoyens de ce pays.

 

Où demeure la crédibilité ?

Le résultat de ce sondage pourrait signifier que, dans le meilleur des cas, une majorité est fatiguée de voire toute la peine que se donne la Berne fédérale pour appeler « négociations » ce qui n’est en réalité qu’une succession de tiraillements. Des « négociations » durant lesquelles l’un des deux « partenaires » ne cesse d‘exiger, de faire du chantage sans aucun scrupule alors que l’autre, le Conseil fédéral, cède sans vergogne. Berne n’a, à ce jour, formulé et transmis aucune contre-exigence à Bruxelles. Ceci alors que Bruxelles ne cesse depuis bientôt cinq ans de pousser Berne à la signature d’un contrat-cadre permettant d’en finir avec la démocratie directe et, coup double, garantissant que toutes les questions «jugées par Bruxelles comme liées au marché commun » soient dorénavant traitées par la seule centrale bureaucratique de Bruxelles. 

Celui qui soutient des objectifs politiques aussi inconcevables et croit pouvoir se fonder sur des faits scientifiquement prouvés ne peut le faire qu’en s’appuyant sur une sorte de monopole de l’information. Sans doute que les sondeurs bénéficient d’une telle position.

Une question de fond se pose : comment quelques centaines de citoyennes et de citoyens ont-ils pu être informés sur le contenu du contrat-cadre que l’UE entend dicter à la Suisse alors que ses contours sont encore si flous ?

 

Pour un droit d’immigration garanti aux requérants d’asile ?

A-t-on informé les sondés qu’en soutenant l’accord-cadre les Suissesses et les Suisses seraient complètement privés de leur droit de s’exprimer sur la politique migratoire ? Qu’ils n’auraient alors plus qu’à ingurgiter les plats préparés par Bruxelles, comme dernièrement dans le cadre de « Dublin IV », soit la reprise forcée d’une politique d’immigration libre pour tous ceux qui se déclarent demandeurs d’asile ?

A-t-on informé les citoyens que l’UE entend accorder aux demandeurs d’asile le libre choix du lieu d’établissement sur l’ensemble du territoire européen ? Et que cette réglementation concerne implicitement notre pays du fait que la Suisse est signataire des accords de Schengen et Dublin ? 

 

La citoyenneté européenne pour tous ?

A-t-on informé les sondés que la Suisse, en acceptant le contrat-cadre, serait soumise au droit de citoyenneté européen, droit qui nous interdirait à l’avenir de renvoyer les criminels étrangers ? 

 

Pour un mandat d’arrêt européen ?

A-t-on informé les sondés que la Suisse, du fait de l’accord-cadre et de la citoyenneté européenne, serait de facto soumise au mandat d’arrêt européen – selon lequel les autorités suisses seraient en demeure de livrer les citoyennes et citoyens suisses aux autorités judiciaires étrangères sans que celles-ci doivent fonder les raisons de leur demande ?

 

Une invasion programmée des poids lourds ? 

A-t-on informé les sondés qu’une Suisse soumise à l’accord-cadre n’aurait plus aucun droit de s’opposer à l’envahissement de notre réseau routier par les camions venant de l’Est ?

 

Pour une interdiction des centrales électriques ?

A-t-on informé les sondés que les centrales électriques cantonales seraient vouées à disparaître si l’accord-cadre entrait en vigueur ?

 

Les 60 tonnes sur nos routes ?

A-t-on informé les sondés que les citoyennes et citoyens suisses n’auraient plus le droit de s’exprimer sur l’autorisation de rouler des 60 tonnes sur nos routes en cas de soumission à l’accord-cadre ?

 

Un transport indigne des animaux ?

A-t-on informé les sondés qu’en respect de l’accord-cadre, la Suisse devrait se soumettre et autoriser sans autre le transport des animaux en provenance de l’UE à travers notre pays – pratique qui peut être aujourd’hui refusée en vertu de notre propre juridiction sur la protection des animaux ?

 

Le diktat de Bruxelles sur nos impôts ?

A-t-on informé les sondés que notre pays n’aurait plus aucun droit de s’exprimer sur le montant et le type d’impôts à payer en cas de soumission à l’accord-cadre ?

 

La fin des banques cantonales ?

A-t-on informé les sondés qu’en cas de soumission à l’accord-cadre, la garantie d’Etat accordée à nos banques cantonales serait supprimée en même temps que disparaîtraient les assurances cantonales des bâtiments ?

 

Pour un OUI à l‘aveugle

Il est évident que ces quelques informations concrètes et objectives n’ont pas été transmises aux sondés. On réclamait juste de leur part une réaction positive au projet d’accord-cadre, si possible sans entrer dans les détails qui font mal et autres conséquences. On cherchait en fait d’obtenir des réponses utiles à la propagande et à la polémique sans que l’opinion publique puisse s’apercevoir que les propagandistes de l’accord-cadre sont de fait obligés de s’appuyer sur des fake news s’ils veulent défendre la politique de passage en force de l’UE.

 

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08.10.2018 | 228 Aufrufe